Exposition collective à Circa art actuel
Chez Mathieu Gotti, l’intimité s’exprime par La Disparition de soi, titre de l’installation. L’artiste taille le bois pour donner corps : une femme nue, sculptée dans une pièce de pin blanc, fait face à un chien noir, tous deux étant séparés, ou rejoints, l’un de l’autre par un chemin de cendre. La nudité de la femme nous invite dans l’intimité d’une vulnérabilité, refuge précieux et lieu de recueillement où il est encore possible de rêver et de se retrouver, ne serait-ce qu’un instant. Mathieu Gotti ne présente pas une version des choses ; il n’enferme pas l’installation dans un récit unique. Il prône une lecture polysémique qui crée un espace tensif entre le bien et le mal, l’animal et l’humain, la maladie et la santé. Le chien qui se dresse devant la femme représente-t-il par la couleur de son pelage la noirceur de l’humain qu’il métaphorise ? À moins que sa gueule apaisante ne rappelle qu’il est aussi le « meilleur ami de l’homme », à la fois doux et sécurisant. Et si l’abandon de soi était un passage obligé pour une étape de transition. Une table rase de ce que nous sommes qui à l’image du feu détruit ou déconstruit, mais aussi qui, selon le récit mythique du Phénix, permet de renaître de ses cendres, abandon ultime de la matière en vertu d’une renaissance.

